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Qu’est-ce qui change avec le nouveau Nutri-Score ?

Depuis le 16 mars 2025 en France, l’algorithme distingue mieux plusieurs aliments, renforce certains seuils et traite autrement les boissons, avec deux ans de transition.

Un même produit peut sembler passer de B à C sans que sa recette ait changé. À l’inverse, une huile peut gagner une lettre alors qu’elle reste aussi énergétique. Ce n’est ni une conversion soudaine de l’aliment ni une erreur automatique : la règle utilisée pour le comparer a évolué. Pour interpréter correctement cette transition, il faut séparer trois dates — travaux scientifiques, entrée en vigueur et renouvellement des emballages — puis regarder quelles familles ont réellement été recalibrées.

Replacer le nouveau Nutri-Score face à la classification Nova

1. L’algorithme a été révisé, pas le principe du logo

Le comité scientifique transnational du Nutri-Score a publié en 2022 ses propositions pour les aliments solides, puis en 2023 un rapport spécifique aux boissons. L’objectif déclaré était d’améliorer la discrimination entre produits, la cohérence avec les recommandations alimentaires et la prise en compte de l’évolution de l’offre. Comité scientifique, 2022 — mise à jour de l’algorithme des aliments solides, Comité scientifique, 2023 — mise à jour de l’algorithme des boissons

Le logo conserve cinq classes de A à E, la base de 100 g ou 100 ml et l’opposition entre composantes défavorables et favorables. La réforme modifie surtout les grilles de points, certaines règles de compensation et plusieurs cas particuliers.

Dire que « tout le Nutri-Score a changé » serait donc excessif. Dire qu’il s’agit d’un simple changement graphique le serait aussi : les nouvelles bornes peuvent déplacer une proportion importante de produits, même lorsque leur composition reste stable.

2. En France, la date juridique est le 16 mars 2025

L’arrêté du 14 mars 2025 a été publié au Journal officiel et est entré en vigueur le 16 mars. Il abroge les textes français de 2017 et 2019 et fixe les tableaux de la nouvelle méthode. Les marques qui utilisent le logo doivent adhérer au règlement d’usage correspondant. Légifrance — arrêté du 14 mars 2025 en vigueur depuis le 16 mars, Santé publique France — signature et entrée en vigueur du nouvel arrêté

Le calendrier n’a pas été identique dans tous les pays engagés. Plusieurs partenaires européens avaient commencé à appliquer l’algorithme mis à jour en 2024. Pour un lecteur en France, c’est néanmoins le texte français de mars 2025 qui détermine la version officielle applicable.

Le Nutri-Score reste volontaire. La réforme n’a pas rendu le logo obligatoire et l’Union européenne n’a pas choisi un étiquetage unique obligatoire au 26 juillet 2026.

3. Deux années de transition expliquent les emballages contradictoires

Santé publique France indique que les acteurs déjà engagés disposent de deux ans pour mettre leurs emballages à jour. Elle estime aussi qu’entre 30 et 40 % des produits vont changer de score. Pendant cette période, une ancienne et une nouvelle lettre peuvent donc coexister dans le même rayon. Santé publique France, 2026 — évaluation de la campagne du nouveau Nutri-Score

Cette coexistence ne signifie pas forcément que deux fabricants appliquent arbitrairement deux règles. Un lot imprimé avant la mise à jour peut encore circuler pendant qu’un emballage plus récent affiche le nouveau résultat. La date limite dépend aussi de l’entrée de la marque dans le dispositif et du règlement d’usage.

Avant d’accuser une erreur, compare la recette, les valeurs nutritionnelles, la date de l’emballage et les informations publiées par la marque. Si la composition a changé en même temps que l’algorithme, il devient impossible d’attribuer l’écart de lettre à une seule cause sans les deux calculs complets.

4. Sucres, sel, fibres et protéines sont plus discriminants

La grille générale étend les points des sucres jusqu’à 15 et ceux du sel jusqu’à 20, alors que l’énergie et les acides gras saturés vont jusqu’à 10. Les seuils de fibres et de protéines ont aussi été relevés. Le résultat attendu est une notation plus stricte de nombreux produits sucrés ou salés et une meilleure distinction des aliments réellement riches en fibres. Légifrance — nouvelles grilles N et P du cas général, Santé publique France — présentation des effets de la mise à jour

Les céréales complètes peuvent ainsi être mieux distinguées de leurs équivalents raffinés lorsque leur teneur en fibres franchit les nouveaux paliers. À l’inverse, une petite quantité ajoutée de fibres ne suffit pas à neutraliser un profil très sucré ou salé.

Le Nutri-Score ne sépare toujours pas directement les sucres ajoutés des sucres naturellement présents dans sa composante générale. La nouvelle grille améliore la discrimination quantitative, sans résoudre toutes les questions d’origine, de matrice ou de formulation.

5. La viande rouge ne peut plus gagner autant grâce aux protéines

Dans le nouvel algorithme, les points de protéines des viandes rouges et de leurs produits dérivés sont plafonnés à 2, au lieu d’un maximum général de 7. Le rapport scientifique explique ce choix par la volonté de mieux aligner le profil avec les recommandations de limiter la consommation de viande rouge. Légifrance — plafond des protéines pour les viandes rouges, Comité scientifique, 2022 — justification des adaptations par catégories

Cette règle ne dit pas que les protéines de viande rouge auraient disparu ni qu’une portion serait toxique. Elle limite leur capacité à compenser les points défavorables dans un indicateur destiné à orienter les choix alimentaires généraux.

Les poissons gras ne sont pas pénalisés de la même manière par leur teneur en lipides, car les points défavorables portent sur les acides gras saturés et l’énergie, pas sur tous les lipides comme une seule catégorie. Le résultat exact dépend néanmoins de l’ensemble des teneurs et ne se déduit pas du nom de l’aliment.

6. Les huiles et matières grasses sont mieux différenciées

Les matières grasses, fruits à coque et graines utilisent désormais une grille qui considère notamment l’énergie issue des acides gras saturés et le rapport entre graisses saturées et lipides. Le comité scientifique cherchait à mieux refléter les différences de qualité des matières grasses plutôt qu’à les placer presque toutes dans les mêmes classes. Comité scientifique, 2022 — évolution du cas des matières grasses, noix et graines, Légifrance — grilles particulières et seuils de classement

Les huiles d’olive, de colza et de noix peuvent ainsi être classées B avec la nouvelle méthode. Leur énergie n’a pas diminué : la grille distingue mieux leur profil d’acides gras. La portion reste donc nécessaire pour interpréter leur apport calorique.

Un passage de C à B ne transforme pas une huile en boisson à consommer librement. Il signifie qu’au sein du système adapté aux matières grasses, son profil se situe plus favorablement que celui de plusieurs alternatives plus riches en acides gras saturés.

7. Les boissons changent de catégorie et les édulcorants comptent

Le nouvel algorithme classe comme boissons le lait, les boissons lactées, les yaourts à boire et les boissons végétales. L’eau reste la seule boisson A. Les autres boissons sont réparties de B à E selon une grille plus fine pour l’énergie et les sucres. Comité scientifique, 2023 — périmètre et grille des boissons, Légifrance — calcul officiel des boissons

La présence des édulcorants visés ajoute quatre points à N. Les boissons édulcorées ne peuvent donc plus obtenir le même avantage simplement parce qu’elles contiennent peu de sucres et d’énergie ; leur résultat se situe selon la recette entre C et E.

Cette pénalité est un choix de profilage et d’orientation des consommations, pas une mesure toxicologique de chaque édulcorant ni une preuve qu’une canette provoque une maladie. L’évaluation de la sécurité d’une substance et le classement nutritionnel d’une boisson répondent à deux questions différentes.

8. Ce que la réforme n’a pas ajouté au Nutri-Score

Le nouveau calcul ne devient pas une classification du degré de transformation. Il ne compte pas globalement les additifs, ne note pas l’impact environnemental, ne mesure pas le prix et ne tient toujours pas directement compte de la portion réellement mangée.

Un produit ultra-transformé peut donc conserver un bon profil nutritionnel selon les critères calculés, tandis qu’un produit peu transformé et très dense peut rester C ou D. Ces résultats ne constituent pas nécessairement une contradiction : les instruments observent des dimensions différentes.

La réforme améliore la cohérence recherchée avec plusieurs recommandations, mais aucune version d’un indicateur synthétique ne peut contenir toutes les propriétés d’un aliment. Pour juger l’outil, il faut demander si la nouvelle formule compare mieux les profils qu’avant, pas si elle répond désormais à toutes les questions de santé.

9. La réforme a aussi suscité des réserves publiques

Lors de la signature, plusieurs ministres ont demandé une démarche d’amélioration continue et une vigilance sur certains effets de bord, notamment pour des produits issus du savoir-faire français. Cette réserve politique est documentée ; elle n’a toutefois pas retiré la nouvelle formule de l’arrêté ni créé une exception générale pour les produits traditionnels. Ministère de l’Agriculture — signature avec demande d’amélioration continue

Une tradition, une appellation ou un aliment mono-ingrédient ne garantit pas une classe favorable, car le logo résume des teneurs par 100 g. À l’inverse, une classe moins favorable ne suffit pas à déclarer un produit incompatible avec une alimentation équilibrée. La fréquence et les quantités restent décisives.

Les controverses doivent être nommées précisément : désaccord sur une catégorie, critique scientifique, retrait commercial et litige juridique ne sont pas le même événement. Le guide sur la fiabilité examine séparément les preuves et le contentieux en cours.

10. Comment lire une nouvelle lettre sans reconstruire toute son alimentation

Si un produit recule, vérifie d’abord si la recette a changé. Si elle est identique, regarde quel volet de la réforme peut expliquer l’écart : sucres, sel, fibres, protéines, viande rouge, catégorie boisson ou matière grasse. Compare ensuite avec des alternatives de même usage qui appliquent la même version.

Ne retire pas automatiquement un aliment D ou E et n’ajoute pas sans limite un produit passé en B. Observe sa quantité et sa fréquence, puis l’ensemble de la journée : énergie, protéines, fibres, sucres, sel, variété et transformation. Le logo organise une comparaison ; il ne prescrit pas ton menu.

  • Date : nouveau calcul français en vigueur depuis le 16 mars 2025.
  • Transition : deux ans pour les entreprises déjà engagées.
  • Amplitude : 30 à 40 % des produits devraient changer de score selon Santé publique France.
  • Principaux leviers : sucres, sel, fibres, protéines et règles par catégories.
  • Boissons : eau seule en A, nouvelle classification des laits et pénalité de certains édulcorants.
  • Limite : aucune prise en compte globale du degré de transformation.
Suivre dans Nalko la transformation que le nouvel algorithme ne mesure toujours pas

Questions fréquentes sur le nouveau Nutri-Score

Quand le nouveau Nutri-Score est-il entré en vigueur en France ?

L’arrêté a été signé le 14 mars 2025 et la nouvelle méthode est en vigueur depuis le 16 mars 2025. Les acteurs déjà engagés disposent de deux ans pour adapter leurs emballages.

Pourquoi mon produit a-t-il changé de Nutri-Score sans changer de recette ?

Les seuils des sucres, du sel, des fibres et des protéines ont évolué, ainsi que les règles pour plusieurs catégories. Une recette identique peut donc obtenir un autre nombre puis une autre lettre avec le nouvel algorithme.

Combien de produits changent de lettre ?

Santé publique France estime qu’entre 30 et 40 % des produits vont changer de score. C’est une estimation globale, pas la promesse que chaque catégorie changera dans la même proportion.

Pourquoi deux emballages identiques affichent-ils deux lettres différentes ?

Anciennes et nouvelles versions peuvent coexister pendant la transition de deux ans. Vérifie aussi une éventuelle modification de recette. Sans la date, la composition et l’algorithme utilisé, on ne peut pas attribuer l’écart avec certitude.

Quel est le nouveau Nutri-Score de l’huile d’olive ?

La nouvelle grille permet à l’huile d’olive, comme aux huiles de colza et de noix, d’être classée B. Cela reflète mieux le profil de ses matières grasses, sans modifier sa densité énergétique ni rendre la portion indifférente.

Pourquoi les boissons sans sucre peuvent-elles être moins bien classées ?

La présence de certains édulcorants ajoute quatre points dans la nouvelle grille des boissons. Une boisson édulcorée peut ainsi se situer de C à E même avec peu de sucres. Cette règle n’est pas une évaluation toxicologique individuelle.

Le nouveau Nutri-Score tient-il compte des aliments ultra-transformés ?

Non, pas comme dimension globale. Il calcule un profil nutritionnel défini. La formulation et le degré de transformation relèvent d’une lecture complémentaire, par exemple avec les principes de la classification Nova.

Le nouveau Nutri-Score est-il devenu obligatoire ?

Non. Son utilisation demeure volontaire en France au 26 juillet 2026. Les marques engagées doivent toutefois respecter la nouvelle méthode et le règlement d’usage pendant la transition.

Sources et références

  1. Légifrance — arrêté du 14 mars 2025 et algorithme en vigueur
  2. Comité scientifique du Nutri-Score, 2022 — mise à jour pour les aliments solides
  3. Comité scientifique du Nutri-Score, 2023 — mise à jour pour les boissons
  4. Santé publique France — signature de l’arrêté et principaux changements
  5. Santé publique France, 2026 — évaluation de la campagne Nutri-Score 2025
  6. Ministère de l’Agriculture — signature et demande d’amélioration continue
  7. Santé publique France — gouvernance et chronologie européenne du Nutri-Score

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